{ Café Society } Woody Allen

Café Society - Woody Allen
Café Society - Woody Allen
Le temps, c'est de l'argent.

Le dernier rejeton de Woody Allen est loin d'être une simple histoire romantique chronologiquement située dans les années 30. Le film se révèle très pertinent une fois le visionnage passé : Café Society semble être une représentation quelque peu critique, sans véritable morale mais invitant le spectateur au questionnement, de notre époque moderne. Une société Occidentale dopée à la caféine, taillée par les aiguilles de nos montres et de nos horloges. Les personnages, les personnalités et les esprits se meuvent, changent, évoluent en deux temps, trois mouvements.

Cette situation quelque peu anachronique est valorisée par une mise en scène rythmée, cohérente, et par des ellipses temporelles agrémentées d'une narration en voix off. À noter que la musique, très présente, est définitivement orientée jazz. Pas uniquement pour le respect des 30's mais également pour façonner les goûts de certains personnages. Et justement, en terme d'acteurs et de jeu d'acteur, il y a bien quelques mots à dire.

Woody Allen nous a habitué à des castings toujours très en vogue avec son temps, proposant parfois des associations inattendues, détachant certains des acteurs et actrices des films ou des séries qui ont fait d'eux des personnalités reconnues :
Jesse Eisenberg, certainement révélé par son rôle principal dans le film de David Fincher, The Social Network, remplit ici très bien son contrat de fils naïf, maladroit mais malgré tout plein de romantisme en lui.
Kristen Stewart est méconnaissable et rompt officiellement avec la saga Twilight et son air inexpressif si critiqué. Ici, elle arbore une jeune femme simple mais coquette, évitant soigneusement de tomber dans le cliché Hollywoodien ambulant véhiculé par son patron et ses multiples meetings ou fêtes, souvent occupées par un grand nombre de célébrités. Ce duo se complète à merveille de façon inattendue et donnera lieu à quelques situations cocasses mais aussi génératrices de questionnements sur notre environnement social.

Toutefois, les choses ne sont pas si simples dans cette société preste et pressante. Les protagonistes se croisent, s'entrecroisent, s'emmêlent et se démêlent de façon si fluide que l'on vient finalement mettre le doigt sur un point noir du long-métrage: le réalisateur tire des ficelles parfois assez épaisses en cédant à quelques dénouements attendus, ainsi qu'à une ambiance globale parfois pompeuse.

Reste néanmoins que le format d'1h30 sied parfaitement au film, malgré un scénario qui peut s'avérer inutilement alambiqué. La dernière demi-heure de Café Society nous livre des personnages métamorphosés dans leur façon d'être et dans leur cadre de vie. On retiendra de cette fin touchante et questionneuse qu'il est simple de se laisser emporter par le tourbillon que sont les sentiments, le business, le temps, l'argent, la recherche active de reconnaissance et de célébrité, et qu'il est tristement facile de construire quelque chose pour finalement le perdre, ou encore de passer à côté d'éléments pourtant disposés sous nos yeux.

NOTE : 8/10