{ Dead Silence } James Wan

Dead Silence - James Wan
Dead Silence - James Wan
Le silence au service de la peur.

Une poignée d'années après Saw premier du nom, James Wan se lance dans un projet d'envergure inférieure, mais toujours situé dans le domaine de l'épouvante: Dead Silence. S'il est l'un des moins connus dans sa filmographie, cela ne le retient pas de briller grâce à une réalisation et une mise en scène en béton.

Aux commandes de la bande originale, on retrouve Charlie Clouser, ex membre du groupe de rock indus Nine Inch Nails. Un choix intelligent souligné par des bruitages judicieusement introduis, ayant tendance à faire monter la pression chez le spectateur. Mais parler de Dead Silence sans évoquer, justement, le rôle du silence, serait un manque de pertinence. Entre deux ambiances sonores venant étreindre le public s'intercale régulièrement une section aphone, muette, dont découle un suspense serré, presque étouffant. Le silence ne permet pas de souffler: il s'apparente à une chute de tension marquée, où l'on flotte dans le malaise et dans l'interrogation de la prochaine image projetée à l'écran.

Qui dit réalisation béton dit forcément photographie d'enfer. Là où la saga sanguinolente à succès de James Wan, Saw, fait dans le spectacle gore tout en creusant la psychologie de son tueur en série phare, Dead Silence relève quasiment du conte enfantin ayant viré vers le macabre. La pellicule se veut visuellement sombre, mais ne perd jamais en lisibilité. À l'inverse, sa lumière bleue perçante génère un contraste saisissant venant sculpter les expressions faciales des personnages. Certains plans, raccords et décors sont par ailleurs très bien vus et travaillés, mettant en valeur une légende urbaine racontée, encore une fois, à la manière d'un conte, ce qui n'est pas sans rappeler l'univers de Tim Burton.

Enfin, nul besoin d'être victime d'une phobie des poupées et des pantins pour se laisser prendre et aspirer par l'univers exposé. Même s'il joue davantage dans la cour du suspens, de la tension et de l'étouffement plutôt que dans l'hémoglobine, l'impulsivité et les lames aiguisées, le projet s'avère efficace dans son parti-pris. Seules ombres au tableau, un casting laissant quelque peu à désirer faisant occasionnellement pâtir le jeu d'acteur, et une fin agrémentée d'un twist s'avérant malgré tout un peu léger compte tenu des compétences du réalisateur dans ce domaine.

NOTE : 8/10