{ Kill Bill: Vol. 1 } Quentin Tarantino

Kill Bill vol.1 - Quentin Tarantino
J'ai toujours eu du mal avec Tarantino. Ce n'est pas que je n'aime pas ses films. J'ai apprécié Pulp Fiction, Inglorious Bastards, même Boulevard de la mort ne m'a pas semblé si désuet (bien qu'un niveau en-dessous). Mais en sortant des salles sombres, je me pose toujours la question : Qu'est-ce que je viens de voir ? Pourquoi ci ? Pourquoi ça ? En effet, le recours fréquent à l'ultra-violence m'a toujours dérangé.
Série B moitié assumée.

J'ai toujours eu du mal avec l'oeuvre de Quentin Tarantino. Non pas que je haïsse ses films: j'ai relativement apprécié Pulp Fiction, Inglorious Bastards, ainsi que Boulevard de la mort. Mais en sortant des salles sombres, je me pose toujours ces questions: "Qu'est-ce que je viens de voir ? Pourquoi ci ? Pourquoi ça ?". En effet, le recours fréquent à l'ultra-violence m'a toujours dérangé. Non pas pour sa mise en scène graphique, mais pour le sens de son usage. Je l'ai d'abord pris pour un miroir grossissant d'une société télévisuelle promotrice de faits divers graves et morbides. Pour cela, Oliver Stone l'a fait mieux que quiconque à mon goût avec le génial Natural Born Killers.
On a ainsi tenté de me faire comprendre qu'il s'agit de films d'ambiance avant tout, puisant dans des genres cinématographiques que le réalisateur affectionne. Malheureusement pour Kill Bill vol.1, quelque chose m'est resté en travers de la gorge.

Il paraît évident que l'auteur a hérité d'une signature singulière le démarquant de ses compères, et il faut reconnaître qu'il sait le démontrer à l'écran. Certains plans-séquences hyper allongés, certains raccords aussi, sont tout à fait astucieux, audacieux, impressionnant aussi techniquement qu'esthétiquement.
Le postulat de départ du film nous exhibe un top 5 de personnalités à assassiner: Uma Thurman massacre pour remonter dans le top, pour le "sport", et pour accomplir une vengeance parfaite envers le fameux Bill. Un principe dont s'inspirera fortement le jeu vidéo No More Heroes sorti fin 2007 sur Wii, mettant en scène l'otaku Travis Touchdown, devenu assassin malgré lui, mais déterminé à atteindre le premier rang pour des raisons fort peu catholiques que l'on ne détaillera pas ici... 
Kill Bill, c'est une soif de destruction et de renommée. On fait le lien avec la popularisation des serial killers aux USA dans les années 80 où le genre du Slasher était très en vogue, pour mieux s'insérer dans la culture populaire. En effet, certains se distrayaient à lister et classer les criminels les plus cruels, les plus originaux dans leurs crimes, voire même les plus sexy...

On notera aussi la profusion de références lyriques, cinématographiques et musicales. Il demeure toutefois le sentiment qu'il les a jetées comme du linge sale dans une corbeille, et ce, dans un désordre désarçonnant. En résulte un univers disparate, désuni, et l'on commence à basculer dans la série B. Une série B qui a le cul entre deux chaises, se prenant à la fois à la rigolade et au sérieux. Des gros plans fétichistes sur les pieds de l'anti-héroïne aux acteurs et actrices se battant d'une bien curieuse façon au sabre, en passant par des démembrements à tout va accompagnés de giclées de jus de framboise non sans rappeler des classiques de l'horreur à l'instar de The Evil Dead ou de Braindead, on finit par se perdre dans ce joyeux bordel. Notons également un jeu d'acteur au ton parfois douteux et un script inégal. L'œuvre a certes le mérite de surprendre, naviguant entre tendances caricaturales et tons plus graves, mais elle en souffre tout autant, puisqu'elle n'est pas clairement positionnée.

Kill Bill, c'est une oeuvre tantôt jouissive, tantôt ennuyeuse, parfois désespérante, parfois classe et "badass", et par conséquent à l'arrière-goût assez amère. Désarçonné face aux intentions insuffisamment claires du long-métrage étant pourtant considéré comme une perle sur le CV de Quentin Tarantino,  je reste néanmoins curieux de visionner sa suite en raison d'un cliffhanger maîtrisé.

NOTE : 4/10