{ Monster Slayers } PC

Monster Slayers
Monster Slayers - PC
C'est l'heure du duel !

Voilà un jeu qui n'aura eu de cesse que de me faire changer d'avis à son égard tout le long de mes parties. Il s'agit du troisième jeu venant de Nerdook, unique développeur de Vertical Drop HeroesReverse Crawl et, évidemment, Monster Slayers. Sur le papier, les idées maîtresses du jeu sont étonnantes, originales, séduisantes. En effet, le jeu associe le principe de runs, d'upgrades et de perma-death des softs typés "rogue-like" avec le deck-building. Alors, une fois mise en pratique, la formule fonctionne-t-elle ?

Commençons par ce qui saute aux yeux : le jeu n'est pas beau. On sent tout de suite le style provenant des petits jeux en flash issus des années 2000, et, pire, la plupart des assets sont commerciaux. Vérifiez-le par vous-mêmes, le jeu Son of a Witch, n'ayant aucun lien avec Monster Slayers ni avec Nerdook, propose exactement le même set d'artworks. Autant dire que le jeu ne brille pas par sa personnalité graphique. Reste cependant la possibilité de customiser un peu son protagoniste.
Les musiques sont répétitives et relativement ennuyeuses, malgré leur fâcheuse tendance à rester en tête un moment après une session gaming. Il en va de même avec les bruitages et les voix plutôt pénibles. En bref : il ne faut pas compter sur la plastique du soft pour l'apprécier, il est même nécessaire de creuser un peu pour se laisser séduire par autre chose.

D'entrée de jeu, Monster Slayers vous propose six classes différentes : voleur, barbare, clerc, mage, chevalier et archer. À chaque fois que vous viendrez à bout du challenge avec l'une d'elles, vous en débloquerez une nouvelle, et deux autres sont disponibles avec le DLC Fire & Steel. Chacune dispose de cartes qui leur sont exclusives, mais l'on retrouve bien entendu un certain nombre de cartes communes à tous les types de personnages. Leur nombre total se montre suffisamment important pour laisser place à l'imagination du joueur et lui faire établir sa propre stratégie. Le jeu évite subtilement le défaut fatal et disqualificatif de ne répondre qu'à une seule et même stratégie viable pour chaque classe.

La partie se déroule de la sorte : une fois créé votre alter ego, vous pénétrez dans l'un des deux donjons qui vous sont proposés. Les environnements ne sont pas très nombreux ni très diversifiés. On retrouve un désert, des forêts, une caverne de crystal...
Ensuite, deux compagnons de classes différentes vous sont proposés. Chacun dispose de deux compétences utilisables en combat : régénération de points de vie, bonus de mana, pioche, argent supplémentaire... Les pouvoirs sont variés et peuvent réellement faire la différente au sein de votre run. À vous de faire le bon choix !
Apparaît ainsi un plan avec l'ensemble des pièces et leur arborescence, autrement dit, les directions sur lesquelles elles ouvrent. Il vous faudra planifier votre parcours minutieusement pour optimiser votre progression. Une salle nettoyée ou visitée peut aussi bien être un cul-de-sac qu'une opportunité de visiter quatre nouvelles zones ! Une fois déverrouillées, le jeu vous révèle leur contenu : monstres, personnages alliés, marchants et autres événements.
Les personnages alliés vous octroieront divers bonus. Les pactes avec le diable ne sont pas très nombreux et seront plus ou moins utiles selon la classe que vous incarnez, mais attention aux contreparties parfois lourdes...
Les marchants sont extrêmement précieux, puisqu'ils vous permettent non seulement d'acheter des cartes supplémentaires, de l'équipement aux propriétés aléatoires, mais aussi la possibilité de vous défausser de cartes de votre deck, ou à l'inverse de les upgrader, moyennant finance bien entendu.
La qualité de votre run dépendra certes de votre sens stratégique, mais également du hasard. Il n'y aura pas deux parties où vous bénéficierez du même deck, il faudra donc vous adapter à toutes les situations.

En fin de chaque donjon se trouve un boss. Le troisième et dernier donne sur le fameux Harbinger, du moins en difficulté normale. À noter qu'en cette difficulté, vous ne perdrez pas votre équipement si vous mourrez. Le jeu se montre très addictif dès le début et l'on s'empresse de recommencer très vite une nouvelle partie afin d'augmenter sa côte de popularité, faisant office de monnaie, dans le but d'acheter les différentes améliorations disponibles pour les différentes classes de personnages. Les combats sont nerveux et rythmés car l'on assimile les effets de nos cartes très rapidement. Le jeu est accessible, mais difficile à maîtriser. À noter qu'après une partie remportée, il est possible de poursuivre en mode survival, c'est-à-dire en jouant avec le deck et l'équipement victorieux, jusqu'à la défaite. De quoi injecter de nombreuses autres heures de jeu au compteur. Toutefois, vous n'aurez pas la possibilité de garder le même deck pour recommencer un run standard.

Le mode légendaire vient ternir les qualités se révélant en difficulté normale. Votre attirail ne vous offre plus de points de vie, le bestiaire est plus coriace et l'on ressent que le facteur chance prend nettement le dessus sur le niveau du joueur. Le but d'un tel mode est évidemment d'être difficile et réservé à une certaine élite, mais Monster Slayers n'est pas, selon moi, le rogue-like qui s'y prête le mieux en raison du facteur chance trop présent : cartes, monstres, équipement, structure du donjon... C'est évidemment le propre du genre, mais là où un Rogue Legacy ou un Binding of Isaac font appel à la dextérité du joueur et la mémorisation de patterns, la constitution du deck de Monster Slayers se révèle un peu trop hasardeuse.

Nerdook nous offre donc un titre sans grande prétention mais qui procurera une belle petite dose de plaisir aux joueurs de rogue-like tout comme aux amateurs de deck-building, malgré une certaine frustration de ne pas être en mesure de garder un seul et même deck. Le soft bénéficie de qualités suffisamment importantes pour être recommandable, mais ses défauts assez lourds en font en contrepartie un titre qui ne s'adresse clairement pas à tout le monde.

NOTE : 6/10